Semaine 17: minimalisme, pour un max d’effets

Cette semaine je vous amène avec moi dans la découverte du minimalisme : quelques questions sur ces possibles bienfaits pour en expérimenter les effets.

Difficile de passer à côté de la tendance du mode de vie minimaliste. Par le biais des réseaux sociaux et par la propagation de ce “Life Style”, le minimalisme a le vent en poupe depuis la naissance du courant artistique initial des années 60 jusqu’à nos jours.

Derrière cette tendance et l’utilisation stratégique qu’en on fait les entreprises pour continuer à nous inciter à consommer, se cache malgré tout une philosophie forte intéressante pour notre bien être émotionnel et notre santé mentale.

“Less is more”

Ludwig Mies Van der Rohe, Architecte 1960

Cependant, comme l’ensemble des techniques proposées sur 36 solutions contre l’épuisement, restez conscient que toute méthode doit avoir un sens pour celui qui l’utilise, elle nécessite d’être adaptée à soi en fonction de l’étape particulière de notre vie, de nos besoins présents, … respectons ensemble le rythme de chacun.

fleur minimalisme

D’où vient le minimalisme ?

A ses prémisses, le courant minimaliste appartient à l’art. D’abord par la peinture, au début du XXème siècle, les pionniers de l’abstraction Kasimir Malevitch et Mondrian, ont inspiré la voie de l’art minimal des années 60. Robert Morris, Donald Judd et tant d’autres, Peintres et Sculpteurs ont été les premiers à réaliser des œuvres minimalistes. Ils seront suivis jusque dans les années 90 par les domaines de l’Architecture, du Design, de la Musique et de la Mode.

Ce mouvement artistique implique une recherche de l’essentiel à travers la créativité. Les œuvres doivent être perçues telles qu’elles sont et sans artifice.

C’est une tendance qui va petit à petit influencer notre mode de consommation contemporaine. Bien qu’il n’ait été que peu populaire à ces début, ce courant plaît de nos jours et il fait même vendre.

Observer par exemple l’engouement actuel pour les design épurés des appareils technologiques comme les téléphones ou les ordinateurs portables et l’agencement des “boutiques minimalistes” dans le marché du luxe. Ce dernier point joue notamment sur les tendances de notre esprit à privilégier les objets et produits qui nous semblent rares (voir image ci-dessous).

boutique Celine
Boutique Céline – photo: RubyGoes

Pour le définir plus généralement, le minimalisme correspond à ce qui requiert un minimum de moyen ou d’élément. Il est proche de la simplicité qui désigne ce qui se suffit à lui seul et produit de l’effet sans élément supplémentaire.

Philosophie actuelle du minimalisme

Minimalisme et simplicité ont été associés, dans certaines cultures et applications de mode de vie, au désencombrement. Le minimalisme devient alors au sein des foyers la recherche et la mise en valeur de “l’essentiel”. Une volonté d’échapper au superflu et au débordement.

Ce n’est pas sans nous faire penser au mode de vie ascétique et aux périodes de retraite dans certaines religions et courants spirituels.

Aujourd’hui de nouveaux auteurs d’ouvrages sur le bien-être diffusent l’idée selon laquelle minimalisme et désencombrement permettraient d’approcher un état de sérénité et de liberté, et de se rapprocher de valeurs profondes telles que la paix, la joie, l’amour, la bienveillance ou la créativité.

Marie Kondo, reine du rangement japonaise, incite ses lecteurs et élèves à jeter tout objet qui ne procure pas d’élan de joie et à ranger ceux que l’on conservent méthodiquement. Sous forme de livre, puis de séries de reportages filmés, j’avoue m’être moi même laissée aller à tenter l’expérience. Il faut dire qu’il est plaisant de voir des inconnus faire le vide dans leur maison … pour ce qui est de passer à l’action pour son propre bazars … c’est une autre paire de manche.

simplicité

Au travers de mes lectures, je découvre que le mode vie minimaliste touche plus que nos placards et nos charriots de courses. Je découvre aussi que certaines techniques déjà proposées sur ce blog ont un lien avec ce courant. Lisez notamment les articles semaine 10 et semaine 5.

Le minimaliste touche nos habitudes de consommation mais également nos loisirs, voyages, nos finances, notre vie relationnelle personnelle et professionnelle, notre spiritualité, … comme nous le verrons dans les prochains paragraphes.

Et finalement, dans mon cheminement pour comprendre l’adaptation de ce courant dans nos vies, j’ai eu besoin de me rapprocher d’apports scientifiques. J’ai trouvé peu de littérature sur le sujet. J’ai ainsi ébauché des liens entre le fonctionnement naturel de notre cerveau et les techniques du minimalisme appliquées au quotidien.

Impact du minimalisme sur notre cerveau

Avec mon esprit de contradiction légendaire, j’aurais pu conclure à une tendance supplémentaire, sans fondement … et en même temps il y a des éléments neuroscientifiques qui amènent davantage de profondeur à cette réflexion. Voici quelques notions simplifiées : la capacité de renoncement et l’inclination naturelle du cerveau à la simplicité.

simple et beau

Le renoncement

Dans la recherche de simplicité et de minimalisme nous devons mettre à profit une attitude de contentement et de renoncement: renoncement à certains objets, certaines tâches, certaines influences, … Renoncer c’est avoir la capacité d’inhibition (résister ou ne pas agir).

Vous connaissez l’expérience du marshmallow ?

Un enfant est invité dans une pièce. L’expérience est filmée. Un adulte propose à un enfant un marshmallow qu’il pose devant lui. Il lui propose alors de lui en donner un second s’il accepte de ne pas manger le premier avant son retour dans la pièce. Puis il laisse l’enfant seul devant son marshmallow durant 15 minutes.

Une vidéo permet d’observer leur réaction (ci-dessous). En d’autre terme, ils ont étudié la capacité des enfants à différer une gratification (une récompense).

Provenant de l’université de Standford, l’expérience initiale date de 1972 et a été reproduite environ 400 fois sur des centaines d’enfants. Ils ont ensuite suivi les enfants durant plusieurs années pour étudier leur niveau de réussite scolaire, professionnelle et sociale.

Grace à cette expérience nous avons découvert qu’à 4 ans deux enfants sur trois mangent la confiserie avant le retour de l’adulte. Et surtout que les enfants qui avaient réussi à patienter ont tous de bons résultats et de très bonnes relations sociales. Ils sont aussi en meilleur santé et sont moins sujet aux addictions. Alors que les enfants qui n’ont pas su patienter ont été en nombre significatif en échec scolaire ou en difficulté.

Capacité du cerveau et réussite

Pour patienter, l’enfant utilise ses capacités d’inhibition. C’est à dire pouvoir résister ou ne pas agir sous le coup d’une impulsion, interrompre un comportement au moment opportun.

Le responsable de cette capacité chez l’Homme est l’hippocampe ( la zone du cerveau hein, pas l’animal ^^) et le cortex frontal. Le premier permet d’envisager le futur (“un deuxième marshmallow va arriver”) et le second permet de raisonner et de planifier (“je n’y touche pas pour en avoir un second”).

L’inhibition fait partie des fonctions exécutives comme la régulation des nos émotions et de nos comportements. Ce n’est qu’au début de l’âge adulte que nous finissons notre développement à ce niveau.

Ces études montrent donc qu’être en capacité de renoncer au profit d’une valeur jugée comme plus haute (renoncer à consommer à tous rompre, renoncer à l’immédiateté et à l’opulence) nous rapproche de la possibilité de “réussite“.

essentiel

Le cerveau veut de la simplicité

La psychologie de la forme, ou Courant du Gestalt, a observé au début du XXème siècle que le cerveau perçoit les éléments de manière globale et qu’il recherche naturellement la simplicité.

Le cerveau serait donc sensible positivement à cette recherche de l’essentiel et au possibilité de simplification mis en place dans cette réflexion minimaliste. De plus, il existe d’autres atouts qui on été mis en valeur par l’étude du stress et des processus de Burn Out:

  • La simplification de notre environnement offre un gain d’énergie (moins de distraction, moins de sollicitation, moins de tâches, …).
  • Simplifier et trier offre une vision plus claire de ce qui nous entoure (impression de maîtrise et de contrôle sur notre environnement).
  • Moins de stress ressenti lorsqu’on allège son agenda et lorsqu’on trie l’utile et l’inutile (recherche des priorités).
  • Pour la santé mentale la recherche de simplicité permet la clarté d’esprit, davantage de tranquillité et du temps pour prendre soin de soi (un environnement minimaliste permet de réduire la fatigue décisionnelle et le temps alloué au rangement et au nettoyage)
  • Privilégier l’être plutôt que l’avoir donne l’opportunité de vivre des moments de qualité, de favoriser des relations profondes plutôt que de consommer des biens matériels.

Par où commencer ?

Je le rappelle car c’est important, en fonction de qui vous êtes et d’où vous en êtes, cette approche minimaliste et de simplification de l’environnement doit être adaptée à vos besoins.

minimalisme

A chacun son rythme !

Une technique doit être appliquée avec du sens pour celui qui se l’approprie.

Par exemple, nul ne peut vous demander de vous séparer d’objets personnels chargés émotionnellement lorsque vous êtes, par exemple, en période de deuil. Ni de partir dans un tri de fond de votre intérieur durant de longues après midi lorsque vous vous trouvez en état d’épuisement avancé. Un professionnel de santé peut vous conseiller et vous accompagner pour savoir quelles étapes mettre en place en priorité.

Les différents domaines du minimalisme

Une fois vos capacités et vos besoins mis en lumière vous pourrez vous mettre en route de votre recherche de l’essentiel. Voici quelques uns des domaines dans lesquels l’approche minimaliste peut vous être utile:

  • Vos biens matériels (lutter contre les excès),
  • Votre vie sociale (garder des relations bénéfiques et de qualités),
  • Les influences et sollicitations,
  • Vos choix professionnels,
  • Les loisirs, voyages, activités, distractions,
  • Les tâches de la vie quotidienne,
  • Votre alimentation,
  • Vos finances,
  • Votre spiritualité,

A vous de jouer !

Cette semaine je vous propose donc d’évaluer vos besoins en terme de minimalisme. D’affiner votre recherche de sens concernant votre mode vie et de cheminer vers ce qui représente pour vous l’essentiel.

Ainsi vous pouvez débuter par ce qui me semble être le plus simple … mais chacun est libre de penser différemment … à savoir la recherche de simplicité dans les biens matériels.

En fin de semaine je ferai une compilation de nos retours et de nos questionnements autour du minimalisme. Je tenterai ainsi d’aborder les freins ressentis et les pistes de solutions pour les dépasser.

Pour ce faire laissez vos commentaires sous cet article ou sur la page Facebook de 36 solutions contre l’épuisement.

Partagez à vos proches si vous pensez que cela peut leur être utile.

Belle semaine à tous et à très bientôt !

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6 Replies to “Semaine 17: minimalisme, pour un max d’effets”

  1. Le minimalisme est quelque chose qui m’attire surtout pour desencombrer mon appartement, mes finances et je n’avais pas pensé mais dans mon organisation c’est quelque chose qu’il faut que je travaille. Je commencerais pas du tri 😀

    1. Alicia M dit :

      Bravo pour cette initiative Barbara et merci pour votre commentaire 😊

  2. Très bel article, intéressant et pertinent!

    Pour ma part, je ne connaissais pas les origines du minimalisme dans les Beaux Arts. Merci pour ces informations historiques.

    1. Alicia M dit :

      Merci Sofia pour ce commentaire 😊 je suis contente que cet article ai pu vous permettre la découverte de cette origine historique 😊 historiquement on retrouve des sources du mode de vie minimaliste dans les pensées indiennes, du bouddhisme ou même dans certaines parties de la bible mais elle ne portait pas le nom de minimalisme 😉

  3. Merci pour cet article ! C’est vrai que l’encombrement fatigue (en tout cas il me fatigue). A un moment, quand on n’a plus la place de ranger, c’est qu’il est temps de vider… Mais…. Piou… C’est difficile pour moi ! Quoi faire ? tout donner ? vendre ? Vendre parait plus intelligent, mais est coûteux en temps et énergie… et quand on est fatigué… Aïe aïe aïe… J’ai du boulot !

    1. Alicia M dit :

      Merci pour ce témoignage Rachel. Effectivement selon notre niveau de fatigue et nos connaissances de la pratique du minimalisme on peut se sentir un peu perdu. Et cela amène tellement de questions sur nous-même … personnellement j’ai eu besoin de lire des ouvrages sur l’approche minimaliste pour savoir par quoi commencer. Mais finalement cela peut être assez simple si l’on se concentre sur ce qui est important pour nous, et surtout, sur ce qui est à notre portée dans le moment présent. Je vous en parle dans l’article bilan que vous trouverez très bientôt sur le blog. Je vous mettrais le lien si vous n’êtes pas encore abonnée. Bonne continuation et au plaisir de vous lire ! 🙂

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