Le burn-out expliqué à mes proches

L’accompagnement du burn-out est nécessaire pour ceux et celles qui le traversent. Il apparaît tout aussi crucial de pouvoir offrir à leurs proches de la clarté sur le processus, de l’écoute et du soutien, afin de rendre ce cheminement plus vivable pour tous.

C’est l’objet de cet article. Il a pour but de résumer quelques éléments pour mieux comprendre le burn-out et pour trouver les moyens d’être soi-même outillé pour soutenir le proche en burn-out.

Table des matières

Un manque d’information désolant

Même si le terme burn-out est rentré dans le vocabulaire d’un grand nombre d’entre nous, néanmoins encore trop peu de personnes connaissent réellement de quoi il en retourne.

Il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre, même de la part de proche de personnes ayant vécu un burn-out, une explication erronée voir une incompréhension totale de ce que l’on vit durant celui-ci.

Le public manque de source d’information précise autour du burn-out et cela même si de plus en plus d’études permettent de mieux l’appréhender.

Des plateformes d’information ayant des antennes d’écoute et d’orientation départementales se sont ouvertes, toutefois le public ignore encore parfois leurs existences.

Le Burn-out n’est pas systématiquement diagnostiqué et les proches ne sont pas forcément sollicités au moment de celui-ci. Pourtant il n’est pas rare, dans le Burnout parental notamment, que le syndrome atteigne le deuxième membre du couple parental après la traversé d’un burn-out du premier.

L’information est, à mon sens, primordiale.

Qu’est ce que le burn-out

Littéralement le terme Burn-out signifie « cramé ».

C’est un terme imagé pour désigner à quel point l’individu est allé au bout de ses forces.

Le burn-out est un processus, c’est à dire que ce n’est pas un état stable mais que l’évolution de l’état de santé de la personne a plusieurs niveaux:

  • Un épuisement des capacités émotionnelles,
  • de la santé physique
  • et des capacités intellectuelles d’une personne.

Le burn-out est avant tout une maladie liée à un état de stress chronique. Une accumulation de facteurs de stress en est la cause.

Voici un exemple d’accumulation de stresseurs: Myriam a plusieurs enfants en bas âge et peu de soutien familial (elle vient d’arriver dans la région, ses parents habitent loin, elle n’a pas encore d’amis dans sa ville). Son conjoint est souvent en déplacement professionnel, elle se sent seule et parfois démunie face aux nombreuses tâches domestiques. Pour Myriam les repas doivent être « fait maison » et demande du temps de préparation, elle a à cœur de transmettre à ses enfants plusieurs compétences et ces moments s’avèrent coûteux en énergie. Sa plus jeune fille ne fait pas ses nuits et cela crée une dette de sommeil chez Myriam.

Les facteurs de stress sont pluriels et peuvent être liés au contexte de vie et/ou d’exercice professionnel de la personne atteinte, mais également à son histoire passée, ses fragilités psychiques internes, son entourage, son état de santé, etc.

Le processus d’épuisement est souvent lent et insidieux, pour autant ses manifestations peuvent paraître brutales lorsque la personne atteint ses limites.

Des burn-outs

On parlera plutôt des burn-outs – au pluriel – car en réalité il existe plusieurs types de burn-out.

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On parle souvent du burn-out professionnel (touchant le domaine d’activité professionnelle de la personne) mais il existe également les burn-outs parentaux (liés au rôle de parent) et les burn-outs de l’aidant (liés à la fonction d’aidant familial, ou de proche aidant, soutenant une personne en souffrance et/ou en dépendance).

Ces processus d’épuisement sont complexes et peuvent s’entremêler l’un l’autre.

On parle de burn-outs au pluriel également car les manifestations et leurs évolutions varient d’une personne à l’autre.

Les symptômes du burn-out

L’ampleur des manifestations peut varier d’une personne à l’autre comme je viens de le dire, toutefois ils existent des symptômes communs et associés :

  • des troubles cognitifs de la concentration, de la mémoire, de l’attention (difficile voir impossible de planifier, de faire des choix, de résoudre des problèmes complexes);
  • des émotions exacerbées (irritabilité, colère, cynisme, …) ou au contraire comme anesthésié (manque d’envie, manque d’élan, tristesse, perte d’intérêt ou perte du goût dans les activités, …);
  • des comportements inhabituels (isolement, agressivité, actions comme robotisées, propos dévalorisant envers soi et envers ses capacités, …);
  • des atteintes à la santé physiques (fatigue chronique, système immunitaire affaibli, douleur chronique dans le dos, la nuque, sensation d’oppressions thoraciques et/ou respiratoires, …);

Pour plus de détails, voir le dossier du carnet d’accompagnement.

Certaines personnes vont manifester beaucoup de ces symptômes quand d’autre n’en ressentiront que quelques-uns. Le niveau de gravité des troubles peut augmenter à des vitesses différentes selon les personnes.

La gravité du burn-out

Quoiqu’il en soit il est important de prendre rapidement en compte ces symptômes et de les écouter afin d’éviter l’aggravation du Burn-out.

Il est fréquent que la personne ne prenne conscience de son état que lorsque les symptômes deviennent invalidants (impossibilité de se lever, maladie, faute professionnelle grave, manquement ou agissement violent sur l’entourage, fracture, symptômes dépressifs, etc.).

La personne en burn-out peut avoir tendance à désinvestir son rôle de parent, de conjoint, ou de professionnel selon le burn-out qu’il traverse. Cela peut être vécu comme incompréhensible pour ses proches.

L’entourage est donc souvent le premier à prendre conscience des premiers symptômes. Son rôle est crucial et en même temps il peut se sentir totalement démuni face à cela.

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L’effet domino du burn-out

Bien souvent la personne qui traverse un burn-out n’a pas les capacités et/ou la distance permettant d’apporter de l’information sur le processus et sa guérison.

Au contraire le manque de clarté sur le parcours à entreprendre (administrativement, légalement, concernant le soin, etc.) peut nous faire nous sentir perdu et démuni.

Dans cet état comment expliquer à nos proches ce que l’on est en train de vivre et ce dont on aura besoin pour le traverser et en sortir ?

Pas facile de s’exprimer …

Ajoutons à cela que le burn-out touche prioritairement les personnes de type « fort » qui ont l’habitude de supporter de grandes charges et ont de grandes difficultés à demander de l’aide. Cela peut expliquer le fait que la personne en burn-out communique peu sur son besoin de soutien avant le point de rupture.

Il n’est pas rare que le burn-out touche plusieurs personnes du foyer (ou de l’équipe) si la demande d’aide extérieure n’est pas effectuée: car la charge mentale et le stress peuvent alors venir reposer sur le partenaire du proche en burn-out.

Une relation qui s’altère …

En tant que proche nous pouvons spontanément prendre le relais sur plusieurs tâches et missions pour soutenir le partenaire. Dans le même temps nous pouvons perdre confiance dans les capacités de la personne en burn-out: petit à petit nous ne comptons plus sur elle, nous ne lui demandons plus sa participation ou son avis et finissons nous-même par nous épuiser.

Nous pouvons avoir de la rancoeur vis à vis de notre partenaire, lui en vouloir de ne pas avoir sû mesurer son investissement (professionnel, d’aidant ou parental). Ces ressentiments peuvent nous indiquer que nous avons besoin d’aide et d’informations à notre tour.

Il est conseillé aux proches de demander du conseil et du soutien face au burn-out.

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Que faire face au burn-out de mon proche ?

Il existe plusieurs facteurs permettant de faciliter la sortie du burn-out. Ces différents éléments peuvent être conciliés les uns aux autres et ne nécessitent pas de reposer uniquement sur le proche. Ils peuvent être proposés également avec le soutien de tierces personnes.

Par la parole

Souffrir d’un burn-out n’est pas lié à un laissé aller ou un manque d’initiative.

« Bouge-toi un peu, remue-toi » est l’une des pires choses à dire à une personne en burn-out. Car c’est justement parce que la personne est allée au-delà de ses limites qu’elle s’est épuisée.

Ce type de phrase peut favoriser l’aggravation de l’état en poussant la personne à ne pas se reposer. Elle augmente notamment le sentiment de culpabilité de la personne atteinte en l’enfermant dans un cercle vicieux de ressentiments.

Est-ce que l’on irait dire « marche le plus possible » à une personne à qui l’on vient de diagnostiquer une fracture des ligaments croisés ???

Vouloir c’est pouvoir … pas ici !

Ce n’est pas une question de volonté non plus et bien souvent l’estime de soi et la motivation ont tellement été altérées par le processus d’épuisement qu’il faudra beaucoup de repos, de soutien et d’empathie de la part de son entourage pour trouver l’énergie de guérir.

Pour exprimer ce qui vous inquiète concernant l’état de santé de votre proche, vous pouvez vous centrer sur vos observations factuelles (sans jugement ou interprétation).

Par exemple, vous pouvez nommer avec empathie ses pertes de mémoire, la recrudescence de ses maux de dos, le fait qu’elle ne prenne plus de temps pour ses loisirs favoris, etc.

Il est également conseillé de lui permettre de faciliter l’expression de ses difficultés en lui offrant des moments privilégiés, en ouvrant le dialogue (pour cela veillez à éviter les reproches et les brimades).

coopération face au burn-out

Par la coopération

Afin d’éviter l’effet domino définit plus haut, faire appel à un tiers extérieur s’avère souvent bénéfique pour traverser le burn-out de notre proche:

  • solliciter un professionnel de santé formé à la guérison du burn-out;
  • demander de l’aide à l’entourage ou à une association pour soutenir les tâches quotidiennes (ménage, garde d’enfant, rangement, tâche administrative, etc.);
  • participer à un groupe de soutien ou de parole;
  • demander du conseil à une assistante sociale, un professionnel des risques psychosociaux et de la santé au travail, selon la situation;

Par l’information et le soutien

S’informer sur le burn-out permet de mieux appréhender le comportement de notre proche et donc de trouver un positionnement et des ressources permettant de traverser l’épreuve.

=> Pour compléter l’article ci-joint permettant à la personne en Burn-out de clarifier les démarches possibles face au burn-out, voici quelques ressources pour les proches (famille ou collègue):

En entreprise

  • le CHSCT et les délégués du personnel peuvent être sollicités;
  • Le service des ressources humaines et l’employeur ont une obligation concernant la santé au travail et les risque psychosociaux;
  • Le médecin du travail et le service de santé au travail;
  • Le site travail-emploi.gouv.fr présente un document explicatif fournit;
  • Les psychologues spécialisés dans l’accompagnement du burn-out sont aptes à transmettre de l’information de prévention auprès des proches;
  • Ici, vous trouverez une liste de professionnels formés à l’accompagnement du burn-out parental.

Allo allo !

=> Il existe des antennes d’information sur le burn-out dans de nombreux départements:

Des informations bien fournies

=> Les livres références dédiés à la compréhension du burn-out:

Je vous remercie pour votre attention. J’espère vous avoir apporté quelques pistes pour mieux vivre le burn-out de votre proche et trouver les ressources dont vous avez besoins en ce moment.

N’hésitez pas à laisser vos questions et réactions en commentaire afin de favoriser nos échanges.

Au plaisir de vous lire !

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