Pourquoi ce blog a failli ne pas exister ?

D’où vient ce blog ?

 

C’est important dans un blog d’écrire quelques lignes sur les raisons de l’existence de ce dernier. C’est important car vous avez besoin de comprendre la démarche pour vous intéresser à ce que j’écris et pour faire confiance dans ce que je raconte. C’était donc évident que cet article ferait partie des premiers.

 

Je suis psychologue clinicienne, je rencontre des personnes soumises à la fatigue et à l’épuisement à différents degrés, sous toutes ses formes. Un jour en crèche, j’ai rencontré une mère, pour un rendez-vous qui devait concerner son enfant. Il s’est avéré qu’on a parlé essentiellement d’elle durant une heure et demie. Cette jeune maman était visiblement au bout de ses forces. Elle était en bataille juridique avec un ex compagnon, en conflit avec ses propres parents. Elle menait de front, travail et éducation de ses deux jeunes, très -très- jeunes enfants.

 

À la fin de l’entretien elle me dit : “ça m’a fait du bien de vous parler. Mais maintenant je vais rentrer chez moi, qu’est-ce que je dois faire pour arriver à m’en sortir ?”

 

Dans le cadre de la crèche, je peux seulement rencontrer des parents deux ou trois fois, pour faire le point. Ça fait partie du “deal” avec la direction. Je peux orienter ces personnes vers un professionnel à l’extérieur, pour qu’elles puissent avoir un suivi psychologique si besoin. Pour cette maman bien sûr, l’orientation vers l’extérieur était nécessaire. La suite était donc logique, mais pour moi, une chose manquait malgré tout dans ce déroulement.

 

Des situations trop fréquentes

 

Ces dix dernières années, j’ai reçu plusieurs dizaines de témoignages de personnes et de professionnels (de l’aide à la personne, en crèche, en maison de retraite, en établissement médicosocial, …) qui présentaient la même détresse : la fatigue, émotionnelle et/ou physique, l’épuisement, les prémices d’un Burn-out parfois, professionnel ou parental.

 

Très touchée par ces situations je me suis documentée davantage, sur la fatigue sous toutes ses formes, les symptômes, les syndromes, les causes, les facteurs aggravants, etc. Nombre d’ouvrages existent sur le sujet et les études le montrent, dans notre société l’épuisement touche un nombre de personnes considérables:

 

L’étude de “l’institut national du sommeil et de la vigilance” montre en 2017 que la moitié des Français déclarent ressentir du stress avec un retentissement sur leur sommeil et, selon eux, les plus touchées seraient les femmes “chez lesquelles le stress ressenti est accru”.  Chez les jeunes 88% des 15-24 ans ressentent de la fatigue durant la journée. Il n’y a pas à ce jour de statistiques officielles concernant le Burn-out ou l’épuisement émotionnel en France, mais on peut lire de nombreuse études alarmantes concernant les facteurs favorisant cet épuisement (stress, troubles du sommeil, …) : Par exemple, une étude Malakoff Médéric en 2016 écrit que 43 % des salariés se sentent stressés et 67 % considèrent leur travail comme nerveusement fatigant.

ouvrier fatigué

Offrir un peu plus

 

A la petite échelle de mon travail, au contact des personnes victimes d’épuisement émotionnel, je peux faire mon possible pour les écouter, les accompagner le temps qu’il m’est accordé, les orienter si nécessaire vers leur médecin généraliste, un psychothérapeute, un psychologue ou un psychiatre selon leur degré de fatigue. Toutefois, je reste frustrée de ne pas pouvoir aider davantage que lors d’un simple entretien. Il manque un maillon à mon travail.

 

Il m’est venu l’envie de pouvoir donner accès, jour et nuit, à du contenu « ressources » permettant à toute personne qui, comme ces hommes et ces femmes dont j’ai croisé la route, ont tant besoin de secours. J’ai eu envie d’offrir des informations, des outils, un contact, une opportunité de faire le point sur sa propre fatigue et de proposer des pistes de réflexion, voire de solution. Un endroit qui viendrait compléter le temps des suivis et les consultations.

 

Tout le monde peut traverser une période d’épuisement

 

L’épuisement n’est pas réservé à une seule catégorie de personnes. Il suffit de commencer à se promener sur le Net pour trouver rapidement les domaines les plus médiatisés en terme de fatigue et d’épuisement : on trouve énormément de ressources autour de la parentalité et du travail. Pour ces deux domaines, on parle de Burn-out, de syndrome d’épuisement.

repos

Et puis il y a ces épuisements qui touchent d’autres personnes qui ne rentrent pas dans la description des Burn-out. L’épuisement émotionnel se retrouve aussi ailleurs. On peut tout à fait dépasser les limites de la simple fatigue par d’autres déclencheurs différents de la parentalité ou du travail. C’est important de s’attarder sur la question du Burn-out, toutefois soyons vigilants à ne pas laisser les autres de côté.

 

On peut risquer l’épuisement par différents facteurs et dans différents contextes. On dépasse les limites de la simple fatigue, on perd le contact avec soi, avec ses propres besoins, on perd le contact avec les autres.

 

Émotions et besoins

 

Tout être humain possède une grande liste de besoins (des fondamentaux besoins de subsistance aux besoins plus abstraits de réalisation ou de spiritualité) qu’il est nécessaire de pouvoir combler afin qu’ils vivent, éprouvent du bien-être et s’épanouissent.

 

Lorsque l’un des besoins fondamentaux n’est pas assouvi, naturellement notre cerveau va être orienté vers l’accomplissement de ce besoin. Toute l’énergie va être tournée vers cette démarche. Lorsqu’un ou plusieurs de ses besoins ne sont pas comblés, sur une période plus ou moins longue selon les besoins, l’individu présente des manques.

 

S’il est soumis à une surcharge d’effort pour faire face à son environnement et à ses responsabilités (ou ce qu’il pense être ses responsabilités) en présence de ces manques, il risque l’épuisement. (De plus il y a des manques visibles et d’autres invisibles pour nos proches, ce sera l’objet d’un autre article).

 

Pourquoi cet article, et ce blog, a failli ne jamais voir le jour ?

Attention j’ai sorti les violons Open-mouthed smile

 

En quatre année : Je suis dans une relation toxique, je me sépare, je rencontre quelqu’un, il change de région, je démissionne, je me fais opérer, je suis victime d’une erreur, je manque de mourir, je me relève, je change de région à mon tour, déménagement, je trouve du travail et je crée mon entreprise, un, puis deux puis trois, puis cinq contrats à temps partiel, on déménage, je garde mes emplois, je tombe enceinte, je crée mon organisme de formation, j’accouche et j’accompagne les premiers jours de mon enfant, je fais valider mon organisme de formation auprès de l’État, je me lève trois fois par nuit, je reprends mon travail, un, puis deux, puis les cinq contrats, je me lève toujours trois fois par nuit …

 

C’est le début du deuxième lien privilégié que j’ai tissé avec l’épuisement. Je refuse de m’arrêter, mon niveau d’exigence quant à ma capacité à tenir bon est élevé. Ça fait partie de mes croyances, de ma vision du monde. Je me perds de vue, mais je ne craque pas. Autour de moi tout le monde est unanime, « il faut que tu te reposes », « il faut que tu dormes en même temps que bébé », « il faut que tu te mettes en arrêt », « non mais t’as vu ta tête ? ». Le roseau pli mais ne rompt pas.

 

Et voilà qu’on me fait une nouvelle demande professionnelle : “ Alicia, tu pourrais nous préparer une conférence/débat sur l’épuisement émotionnel des parents ? “ Hahaha !

 

Fatigue émotionnelle, distanciation affective,… je liste les symptômes, je trouve aisément des exemples, même des exemples personnels, très facilement, très très très facilement… La boucle est bouclée et le constat est sans appel : plus je me spécialise sur le sujet plus il me paraît évident que je suis au bord de la rupture, moi également.

 

Choisir la plume pour tendre la main

 

Mais voilà, en tant que professionnel j’ai quelqu’un qui m’accompagne tous les mois pour un travail de supervision, et j’ai un suivi thérapeutique. J’ai un médecin généraliste au top, à l’écoute qui m’indique de bons conseils, un entourage que je finis par écouter, et une source de connaissances et d’informations dans mes livres et dans mes recherches, sur lesquels je peux compter. J’ai également une passion pour le développement personnel et, tout cela mis bout-à-bout, me permet de garder la tête hors de l’eau.

main tendue

Comme tout le monde n’a pas cette chance … c’est évident, la création du blog, l’écriture des articles, la mise en lien des lecteurs sur les réseaux sociaux, je crée quelque chose que je pense être utile pour toutes les personnes que j’ai croisées, et toutes celles que je n’ai pas croisées, et qui me préoccupe tant !

 

Bienvenue à vous

 

Si ma démarche vous intéresse vous êtes les bienvenus sur ce blog. Je poste chaque semaine un ou plusieurs articles, sur les thèmes qui entourent l’épuisement: La prévention de celui-ci, des explications sur les symptômes, des idées pour s’alléger la vie, savoir repérer son niveau de fatigue, des outils pour apprendre à mieux se connaître et ainsi éviter les ornières qui alimentent notre fatigue, comment voir la vie un peu plus en couleur, diminuer la charge mentale, … etc.

 

Vous êtes le moteur de ma démarche, alors à vous de partager vos questionnements, vos demandes d’information, vos témoignages, afin que je puisse vous proposer un contenu au plus proche de vos attentes.

 

Pour que je continue à alimenter ce blog, j’ai besoin que vous puissiez le partager un maximum pour qu’il soit le plus vivant possible (via les icônes de partage Facebook, Twitter, Linkedin). Pour commencer abonnez-vous au blog : Facile ! Il suffit  d’ajouter votre nom et votre adresse e-mail, puis de cocher la case “prévenez-moi de tous les nouveaux articles” sous l’encadré des commentaires qui se trouve après chaque article.

Merci à vous, et à très bientôt sur 36 solutions contre l’épuisement  ! Winking smile

 

photographie par ordre d’apparition: Ivan Constantin, M A X, Angélus YODASON

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12 Replies to “Pourquoi ce blog a failli ne pas exister ?”

  1. C’est tout à fait ça ! Il est passé 23h, j’ai fini ce que j’ai à faire, mais je reste encore à surfer sur internet au lieu de me coucher… dans 4h, c’est la tétée de nuit, je mets environ 1/2h à me rendormir, 3h plus tard, elle se réveille, et donc elle me réveille, vu que la tétée est aussi son petit déj’! Elle a fini, elle veut jouer au rez-de-chaussée, je me lève… en l’écrivant, ca devient encore plus réel ! Allez, bonne nuit !

    1. ça me parle bien ce que tu dis Coralie ! Pour ma part, je suis souvent partagée entre:
      – “profiter du moment où bébé dort pour attraper un petit moment de vie rien qu’à moi” mais ne pas dormir et me fatiguer davantage …
      ou bien
      -“me reposer pour récupérer de l’épuisement” mais ne pas avoir eu de moment “à moi” de la journée et ne pas me sentir “entière”.

      Poser cette situation sous forme de dilemme est mon erreur en fin de compte, pouvoir s’en détacher c’est ouvrir le champ des possibles.

      Lorsqu’on a des croyances ou pensées qui nous disent “il faut être actif ! dormir c’est mal, il faut être dans l’action !” cela crée un circuit de culpabilité … on fabrique, nous même, notre propre cercle vicieux. La bonne (très bonne nouvelle !) c’est que ce ne sont que des pensées. En réalité il y a plein de solutions 🙂

      Courage aux mamans et papas qui manquent de sommeil !!!

  2. Bonjour Alicia

    Cet article explique très bien les raisons de la création de ce blog.
    Je suis sur qu’il va aider beaucoup de personnes.
    Il est né d’une frustration, un peu une sensation d’impuissance si j’ai bien compris.
    Vous avez su trouver des solutions pour aider encore plus et encore mieux un grand nombre de personnes. BRAVO Alicia !

    Je pense que l’épuisement peut venir plus vite qu’on le croit.
    Si il est combiné à un perfectionnisme élevé, cela peut faire des dégats car nous voudrons toujours faire plus et du coup on entrera dans une spirale infernale.

    L’épuisement peut avoir beaucoup d’impact dans nos vies.

    Je pense qu’on ne peut pas toujours etre à fond et que trouver un équilibre est important.
    On peut faire la comparaison avec une voiture. Si elle ne fait que rouler vite, elle consommera beaucoup plus rapidement.

    A bientôt
    Julien

    1. Bonjour Julien, merci pour ce commentaire ! J’espère effectivement aider un maximum de personnes à éviter ou traverser l’épuisement. Merci pour votre encouragement !
      Mon article « Comment vouloir aller mieux peut nous faire aller moins bien » traite de ces mécanismes qui freinent le changement 😊 au plaisir de vous lire !

      https://36solutionscontrelepuisement.com/comment-vouloir-aller-mieux-peut-nous-faire-aller-moins-bien/

  3. Très jolie présentation pour expliquer la naissance de ce blog 😉
    J’ai moi aussi travaillé longtemps dans les métiers de l’accompagnement (auprès d’un public en réinsertion, puis auprès d’un public en formation) et il est vrai que, parfois, on accompagne les autres… mais on s’oublie soi-même ! 😉
    Prenons soin de nous et nous prendrons encore mieux soin des autres… 🙂
    Belle journée à toi Alicia,
    Et longue vie à ce blog très utile !

    1. Merci pour ce témoignage Virginie ! C’est un long chemin que d’apprendre à reconnaître nos limites. Au plaisir de te lire et de t’accueillir prochainement sur le blog 😉

  4. Alicia,
    je prends seulement le temps de lire et de regarder le contenu de ce que tu publies ce soir… et me voici tres émue et touchée par ce que tu écris, notamment à ton sujet.
    Merci à toi pour ce que tu fais pour nous tous. Prends bien soin de toi aussi, comme tu nous l enseignes. Et puis dis nous si on peut aussi prendre soin de toi!
    Je t envoie plein de bisous et des jolies pensées.
    Anne Laure

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