Semaine 29: Nos croyances ?

Écrire une lettre, un blog, ou tenir un journal personnel sont de formidables révélateurs de nos pensées. Ces supports permettent de mettre en lumière nos sentiments et certaines de nos croyances, qui peuplent souvent notre inconscient. Ce sont donc de formidables outils d’apprentissage qui nous permettent de développer nos ressources et d’améliorer notre vie.

J’ai mis à nouveau le doigt sur cette puissance de l’écriture cette semaine. En effet, suite à de nombreuse demandes j’ai enregistré le premier podcast du blog il y a quelques jours, et en relisant l’article sur lequel je me suis appuyée, une phrase que j’avais noté à l’époque m’a sauté aux yeux. Cette phrase concernait les exigences élevées que je m’étais fixées vis à vis de ma capacité à endurer les événements de vie. Elle se résumerait en “tenir coûte que coûte, que ce soit dans le travail ou dans la vie personnelle: Ne pas craquer !”.

Avez-vous également en tête ce type d’injonctions ? Ou agissez-vous parfois comme-ci une petite voix discrète mais omniprésente vous poussait à des comportements qui ne respectent pas votre santé ?

croire

Relire ces mots a été pour moi l’occasion de revenir sur cette période difficile de ma vie et de réfléchir à l’impact que peuvent avoir nos croyances, notre vision du monde, sur nos choix et donc sur notre manière de gérer notre fatigue.

Je me questionne régulièrement sur la raison pour laquelle, bien qu’ayant de nombreuses solutions et possibilités à portée de main, nous puissions parfois ne pas réussir à nous en saisir pour améliorer notre condition de vie, pour prendre davantage soin de nous, pour nous offrir un peu plus d’amour et de bienveillance. Il semblerait, pour diverses approches de la psychologie, que les croyances en sont en partie responsables.

Connaissez-vous cette notion de croyance ?

Nous avons tous des croyances

Je vous propose une rapide définition et quelques mots autour de la croyance et de la vision du monde, la manière dont elles nous parviennent, leur fondation et leur utilité. Nous verrons ensemble en quoi certaines croyances peuvent être un frein et un facteur favorisant notre fatigue et notre épuisement émotionnel et physique. Ensuite je vous proposerai une technique accessible à tous permettant de faire connaissance avec vos croyances et par la même de vous mettre sur la piste de vos ressources.

La notion de croyance (ou de vision du monde), est à distinguer des croyances religieuses. Une croyance dans le dictionnaire se définit comme le “fait de croire en l’existence de quelqu’un ou de quelque chose, à la vérité d’une doctrine, d’une thèse”. Mais en psychologie, une croyance est avant tout le fait de croire en une idée, sans qu’elle puisse être objectivement vérifiée, et d’en faire une vérité pour soi. En approche systémique, l’assemblage de nos croyances créé ce que l’on appelle notre “construction du monde”.

Auriez-vous en tête des phrases du style: “je dois être forte”, “pleurer est une marque de faiblesse”, “les hommes sont comme ceci …”, les femmes sont comme cela …”, “l’humain est naturellement mauvais”, etc… ?

Ces phrases sont les croyances qui composent notre vison du monde. Elles peuvent être conscientes et nous pouvons les formuler ouvertement alors que d’autres peuvent être totalement inconscientes et ne se manifester qu’à travers nos comportements.

croyances limitantes

Plusieurs types de croyances

Nos croyances bâtissent le filtre par lequel on observe et interprète le monde qui nous entoure. Ce sont elles qui construisent également l’image que l’on a de nous même. Elle influence la façon dont on perçoit la réalité.

Dans le champ de la Communication Non Violente (CNV) et de la Programmation Neuro-Lingusitique (PNL) on distingue généralement les croyances limitantes ou limitatives des croyances facilitantes ou facilitatrices. Les secondes sont des croyances ou idées, que l’on considère comme vrais, et qui vont apporter davantage de force et de ressources pour celui qui les cultive.

Les croyances s’élaborent par une perception partielle de ce que l’on observe ou par le fait que nous ayons des sortes de “distorsions cognitives“: Donc nous verrions le monde partiellement et/ ou un processus de pensée biaisée.

Parmi les distorsions on définit :

  • la sur-généralisation (généraliser à partir d’un évènement),
  • les conclusions hâtives (conclusions définitives même en l’absence de preuve),
  • le filtre mentale (un élément négatif du réel contamine l’ensemble),
  • la minimisation (minimiser la possibilité qu’il puisse se passer quelque chose de bien),
  • le catastrophisme (sorte d’exagération des dangers).

Comme nous avons tendance à faire grandement confiance en nos pensées, cela ne nous aide pas à prendre conscience de cette distorsion. De plus nous avons tendance à ne repérer et à ne retenir que les éléments qui sont susceptibles de confirmer nos propres croyances.

En Analyse transactionnelle les auteurs parlent plutôt de “messages contraignants” ou d’injonctions dont les chercheurs distinguent 5 grands messages:

  • “Sois fort(e) !”
  • “Sois parfait(e) !
  • “Fais des efforts”
  • “Dépêche-toi !”
  • “Fais plaisir !”

Est-ce que vous reconnaissez l’une d’entre elles ? L’une d’elles vous est-elle familière ?

croyances et pensées

D’où proviennent nos croyances ?

Le plus souvent dans les études, les chercheurs identifient le berceaux de nos croyances en partie dans notre enfance, notre éducation, nos expériences de vie et dans notre patrimoine génétique (certains traits seraient transmis d’une génération à l’autre par les allèles de nos gènes).

Les croyances ont participé à notre construction depuis notre plus tendre enfance. Elles ont d’ailleurs une fonction positive à un moment donnée de notre vie. Par exemple pour nous permettre de ressentir un lien d’appartenance à un groupe, à notre famille, ou pour établir des limites et/ou des protections face au monde. Comme nous le verrons plus bas, elles participaient au départ à la construction de notre identité.

On peut imaginer que des messages et des croyances ayant pour thème la méfiance ou la force (“Sois fort !”, “Ne fais confiance qu’en tes proches !”, …) ont eu une certaine utilité dans les moments où la lutte pour la survie était nécessaire …

Des freins et du carburant

Donald Winnicott, pédiatre et psychanalyste britannique, a notamment développé la théorie selon laquelle les croyances proviendraient de la relation première entre le bébé et la mère. Elles permettraient à l’enfant de façonner un lien de confiance (on est pareil donc on reste proche) et d’appartenance (on fait parti de la même lignée).

Les croyances permettraient de déterminer la nature des relations futures de l’individu (elles sont profondément ancrées). Nos observations transformeront ensuite ces croyances en concepts (sorte de théorie sur le monde) en validant ou invalidant ces premières croyances de l’enfance.

De la même manière, les croyances qui nous ont été transmises par nos proches et nos parents sont elles-même des croyances qui ont eu une utilité pour eux à un moment donné. D’une certaine façon, il est inutile, dans la majeur partie des cas, de reprocher à nos aïeux les visions du monde parfois négatives qu’ils nous ont légué.

Comme on l’a vu, notre vision du monde nous influence concernant notre manière de nous considérer et de considérer les autres. Elle est un repère dans nos choix et impacte nos comportements au quotidien.

La découverte de cette vision du monde et des croyances personnelles qui la composent sont une piste formidable pour répondre aux questions qui entourent notre résistance à vouloir changer. L’identification de nos croyances va nous mettre sur la voie de choix de vie et d’habitudes bienfaisantes pour notre fatigue.

croyance

Croyances facilitantes et croyances limitantes

Les croyances facilitantes nous permettent de faire appel à nos ressources dans les moments de crises et les épreuves. Ce sont des idées qui sont souvent source de réconfort et d’apaisement.

“Tout est possible !”, “Je peux avoir confiance dans l’avenir !”, “Il y a une part de bon en chacun de nous”, “Après la pluie le beau temps !”, …

Alors que nos croyances limitantes ont tendance à centrer notre attention sur les aspects négatifs, voir le verre à moitié vide, et mettent en place des stratégies “de survie” que l’on retrouve dans les situations adaptatives (attaquer, fuir, se figer, …).

On retrouve généralement des croyances limitantes autour de la dévalorisation, l’impuissance ou le désespoir. Cela influence donc nos pensées, nos comportements et par voie de conséquence notre santé mentale et physique.

Étude des croyances élève/professeur

Vous avez entendu parlé des prophéties auto-réalisatrice ? Voyez cette expérience de psychologie sociale :

L’étude scientifique de Rosenthal et Jacobson a mis en évidence l’existence d’un “Effet Pygmalion” à l’école. Un groupe d’élèves d’intelligence moyenne a été divisé en deux groupes et confié au soin d’un enseignant. Le premier groupe a été identifié auprès de l’enseignant comme étant « doué » et le second comme ayant des difficultés d’apprentissage.

Lorsqu’on a mesuré une seconde fois les capacités des enfants à l’issue de l’année, le groupe « doué » avait vu leurs résultats augmenter au contraire de l’autre groupe pour lequel on a observé des scores significativement inférieurs. La croyance (les à priori) d’un enseignant impact donc les capacités de ses élèves …

La prophétie induit l’amélioration des performances de l’élève, proportionnellement au niveau de croyance en sa réussite par la relation entre lui et la figure d’autorité (l’enseignent).

croire en soi

Comment tirer partie de nos croyances ?

Les croyances peuvent donc à la fois nous tirer vers le haut ou vers le bas par la puissance de notre pensée. Si nos croyances limitantes nourrissent nos ruminations, on sait désormais que nos croyances facilitantes peuvent fabriquer une réalité individuelle positive et apaisante.

La bonne nouvelle c’est que nous pouvons changer nos croyances limitantes en croyances facilitantes. Il y a pour cela plusieurs techniques possibles selon l’approche que l’on choisit. Que ce soit en PNL, en CNV ou en Analyse Transactionnelle (et autres), il est tout à fait possible d’agir sur nos croyances et d’en tirer des bénéfices.

Il existe une base commune à ces approches. En effet on retrouve un déroulement d’étapes importantes telles que:

  • Prendre conscience des croyances
  • Les identifier
  • Effectuer la liste de vos croyances
  • Comprendre leur intérêt ou leur origine
  • Les remplacer ou les transformer

A vous de jouer !

Cette semaine je vous propose donc de commencer une première étape de prise de conscience et d’identification de vos croyances. Car ces deux premières étapes sont essentielles.

Pour cela je vous ai préparé quelques réflexions auxqueles songer. N’hésitez pas à les poser sur papier et à y revenir lors de moments où vous vous sentez disponibles, à l’écoute de vous même, dans un esprit de bienveillance:

Prendre conscience de vos croyances

  • Y a t’il des moments où vous pouvez utiliser des mots de généralisation de type “jamais”, toujours”, systématiquement”, “totalement”, “c’est toujours comme ça !”, “ça ne changera jamais”, “je ne peux rien y faire”, “c’est impossible que ce soit autrement”, …
  • Quelles sont les règles ou les croyances qui font partie de vos croyances familiales ? Par exemple: “les garçons ne pleurent pas”, “les femmes sont inconstantes”, “un couple ne peut pas durer”, “tu dois vivre en sachant que personne ne t’aidera”, “les personnes cherchent toujours à profiter de nous”, “il ne faut jamais baisser les bras”, …
  • Aidez vous de vos ruminations habituelles pour pointer les thèmes et injonctions qui reviennent souvent.
  • Notez précieusement ces phrases que vous vous répétez.
espoir et croyances

Identifiez vos croyances

  • Voyez si certaines d’entre elles se répètent ou se recoupent. Trouver l’idée commune qui les relient et qui dessinent vos croyances et votre vision du monde. En effet certaines se formulent de manières différentes mais elles peuvent sous entendre une même règle ou injonction générale.
  • Maintenant je vous propose de rechercher derrière ces règles, les besoins qui se cachent. Pour les trouver posez-vous la question: “À quoi me sert cette croyance ?” Par exemple, quand on se dit “je ne peux faire confiance en personne” … avons nous besoin de sécurité ? et/ou de connexion à l’autre ?

Vos croyances vs la réalité

  • Accueillez ces besoins ! Tous les êtres humains ont des besoins, ils sont légitimes. Ce n’est pas une tâche facile et parfois il vous faudra sans doute être accompagné pour mettre le doigt sur ces besoins. Et en même temps, il existe plusieurs manières de satisfaire un besoin, peut-être que cela sera une piste pour vous pour sortir des généralisations dont vous vous êtes nourris jusque-là ?
  • Prenez davantage de recul, changer de lunette en quelque sorte. Vous pouvez vous demander: Dans la réalité quel exemple précis, quel fait établi, me permet de penser ce que je pense ? Comment mon ami, mon voisin, ma tante perçoivent ce même évènement ? Puis-je en faire une autre interprétation ?

Voilà donc quelques pistes pour vous mettre sur la voie de plus de bienveillance envers soi et qui vous permettra peut être de construire davantage de croyances facilitantes. Un merveilleux atout pour votre manière de vivre la fatigue et de lutter contre l’épuisement !

J’attends vos questions et vos réactions en commentaires ou par message 🙂

Où que vous soyez, je vous envoie pleins de bonnes pensées à travers mon ordinateur 😉

Lorsque les temps sont durs, songez à votre sommeil, à vos plaisirs de secours ou au rire selon le moment et selon vos besoins ! Ainsi je vous souhaite la meilleure semaine possible !

Source et bibliographie: “Vivre mieux avec ses émotions“, du Dr Martin Desseilles et du Dr Moïra Mikolajczak; “La pensée positive“, d’Aurore Aimelet; “Comment survivre à sa propre famille” de Mony Elkaïm; Eléments théorique de CNV provenant des interventions de Sophie Grosjean.

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4 Replies to “Semaine 29: Nos croyances ?”

  1. Bonjour Alicia,
    J’ai découvert la notion de “croyances” au sens où tu le développe lorsque j’ai commencé à m’intéresser au développement personnel. Ton article est vraiment clair et utile je pense à la fois pour prendre conscience de ce qu’est une croyance, à quel point elle peut orienter notre existence et surtout qu’il est préférable d’y associer bienveillance et indulgence 😉 (c’est une grande perfectionniste qui te parle !)

    1. Alicia M dit :

      Bonjour Valentine, c’est un plaisir de lire ton retour de lecture ! Je suis heureuse que cet article t’ait plu et je suis très touchée de ta critique positive 😊 cette notion de croyance est passionnante à explorer lorsqu’on souhaite mieux se comprendre. En parlant de perfectionnisme, j’ai fini de lire « l’apprentissage de l’imperfection » de Tal ben shahar je pense que tu connais déjà, mais il me fallait y faire référence suite à ton message car c’est une mine d’or à ce sujet 😉

  2. Et oui, comme le dit Anthony Robbins, nos croyances ont le pouvoir de nous construire, ou de nous détruire…
    Merci pour ce très bel article, essentiel pour prendre conscience de nos propres fonctionnements mentaux et avancer.

    1. Alicia M dit :

      Merci pour cette citation 😉 et pour ton retour de lecture ! Au plaisir de te lire 🤗

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