Semaine 43: mettre son cerveau en vacances

Nous avons une fâcheuse tendance à supprimer les activités plaisir et les temps libres dédiés aux loisirs et au repos lorsque le stress survient. Cela peut être notre réflexe lorsque le travail impacte davantage notre rythme de vie. Dans ces conditions comment pouvons-nous mettre notre cerveau en vacances ?

On pense manquer de temps ou on essaie de rallonger nos journées pour en faire plus. On rogne sur le créneau des temps de détente…

Or, émotionnellement et physiquement, si cette tendance s’ancre dans nos habitudes et qu’elle finit par définir notre rythme de vie, nous courons vers la catastrophe.

person laying on sand
Photo by Rebeca Gonçalves on Pexels.com

Les vacances c’est tous les jours !

Peut-être vous rappelez-vous de cette vidéo dans l’émission “28 minutes” sur Arte en été 2019 ? Dans cette vidéo Albert Moukheiber, docteur en neuroscience et psychologue, jette un pavé dans la mare en soulignant que le fait d’opposer vacances et travail serait la recette assurée vers l’épuisement.

Laisser les obligations et les soucis de performance diriger notre vie est une aberration pour le soin de notre santé. Car cela crée chez nous de la pression et un stress quotidien.

Ainsi la plupart du temps on se suractive 48 semaines de l’année avec l’objectif de souffler durant cinq petites semaines.

Pour ce psychologue spécialisé dans le domaine de l’anxiété et du BurnOut, cela revient à manger 15 kg d’aliments les 10 premiers jours du mois pour cesser de s’alimenter les 20 jours suivants … La comparaison est puissante n’est-ce pas ?

Notre cerveau a besoin de travail ET de repos QUOTIDIEN.

De plus, le fait de réduire ou d’éliminer les temps de repos quotidiens va induire :

– une sorte de désapprentissage à savoir les vivre,

– une diminution des bénéfices qu’ils apportent dans le peu de temps qu’il nous restera à les vivre.

Pour résumer :
  • Moins de temps de repos équivaut à moins de repos accumulé dans notre réservoir de ressources et donc à moins de bénéfices.

Et dans le même temps:

  • Moins de temps de repos dans notre réservoir nécessitera davantage de moments de ressourcement pour en sentir les bénéfices.

Nous en avions déjà un peu parlé dans cet article (semaine 23) dans lequel je vous propose de prendre conscience de l’intérêt des pauses quotidiennes.

Toutefois ici j’attire votre attention sur un autre aspect complémentaire : se concentrer sur cinq semaines de vacances dans l’année à un effet délétère sur notre fatigue, notre cerveau et notre épanouissement.

positive young african american lady holding light bulb in hand on gray background
Photo by Andrea Piacquadio on Pexels.com

Être déçu par ses vacances

D’ailleurs peut-être vous êtes-vous déjà sentis terriblement déçus par les vacances que vous attendiez avec impatience ?

Le temps vous a paru très court, le repos quasi inexistant ? Le ressourcement était si faible que vous aviez eu l’impression d’être plus fatigué en reprenant le travail que lorsque vous l’aviez quitté trois semaines auparavant ?

Pourquoi ce ressenti ?

En dehors de l’aspect organisationnel et de l’intention qui peuvent avoir un effet et un impact de ce type (voir l’article semaine 44 à venir), l’absence de temps et de repos quotidiens en partage souvent la responsabilité.

C’est pourquoi la technique de cette semaine a pour objectif de nous permettre de faire différemment et ça commence aujourd’hui !

Avec ou sans vacances à l’horizon d’ailleurs !

Des effets sur le cerveau, le psychisme et le corps

L’hippocampe est une région du cerveau dédié à la mémoire et à l’apprentissage entre autres. Cette zone de notre cerveau a pour fonction d’aider la régulation de notre niveau de cortisol en freinant notre hypothalamus.

En situation de stress chronique l’hippocampe ne peut plus effectuer ce travail correctement. Il se produit un effet toxique en chaîne.

Malheureusement lorsque le cortisol n’est pas régulé et qu’il est présent en excès, il entraîne de l’anxiété, la dépression, des troubles de la mémoire et de mauvaises capacités d’apprentissage.

C’est typiquement ce que l’on appelle l’épuisement

Nous sommes alors difficilement capable (voire incapable selon le niveau d’épuisement) de nous adapter à ce qui survient dans notre environnement.

Notre système nerveux commence à travailler au ralenti et nos neurones ne se connectent plus correctement.

C’est à ce moment-là que peut survenir d’autres troubles psychologiques telles que les ruminations, l’hyper émotivité ou les difficultés de concentration.

On se sent fébrile et/ou agité, nous perdons totalement notre capacité d’initiative et parfois même nous ressentons une forme de blocage à l’action.

L’absence de pause et la pression que l’on s’inflige entretiennent notre niveau de stress.

Et face au stress il existe une approche préventive qui peut faire des miracles lorsqu’on prend le temps de se l’approprier et de l’appliquer pas à pas, avec régularité et bienveillance.

red hammock tied between two trees
Photo by Asad Photo Maldives on Pexels.com

Agir préventivement pour mettre son cerveau en vacances

Pour cela nous pouvons cibler notre action sur une amélioration de notre hygiène de vie.

C’est en effet l’un des leviers les plus efficace :

Hygiène de vie
  • Dormir,
  • Manger équilibré,
  • Éviter les excitant,
  • Cultiver une bonne ambiance familiale,
  • Sortir avec des amis, …
  • Prendre soin de nous,
  • Prendre du temps pour nous,
  • Faire un sport que l’on aime sans pression,
  • Avoir des moments de détente (yoga, sauna, promenade),
  • Avoir des centres d’intérêts en dehors du travail,
  • Reconnaître les signaux d’alarme (stress),
  • Ne pas minimiser son niveau de stress,
  • Parler de son stress à d’autres,
  • Identifier les sources de stress qui sont actionnables,
Faire baisser la pression
  • Éviter toutes les situations qui commencent par “il faut que …”, “Je dois …” voir une des alternatives dans cet article.

Pourquoi ? Car c’est la pression que l’on s’impose à soi-même qui crée l’épuisement.

Ce dernier point vous paraît inatteignable ? Dites-le moi en commentaire et je prendrais le temps de vous créer du contenu à se sujet.

  • Vous pouvez aussi utiliser l’idée surprenante évoquée par Albert Moukheiber dans la vidéo ( lien dans la bio en bas d’article) qui propose de déléguer à soi-même (Albert du matin) pour faire les choses que l’on ne souhaite pas faire le soir même par manque d’énergie (Albert du soir).
  • Apprendre à ne rien faire et à se déconnecter
  • Pratiquer le sport sans pression de performance
  • Lire ou se balader.

Telles sont les astuces que le psychologue nous transmets 🙂

cafe camera classic close up
Photo by Pixabay on Pexels.com

Mettre son cerveau en vacances: A vous de jouer !

La technique que je vous propose pour mettre notre cerveau en vacances nécessite d’y aller progressivement, avec bienveillance, et auto-encouragements.

Répéter dans le temps

Ce qui va vous permettre de reprendre une nouvelle habitude va nécessiter de la répétition.

L’habituation va recréer un nouveau circuit neuronal au sens où Boris Cyrulnik l’entendait dans son ouvrage « votre cerveau n’a pas fini de vous étonner ».

Liste de plaisirs

Vous allez utiliser une liste de moments ressourçants pour vous.

Vous n’êtes pas ou peu inspiré ? N’hésitez pas à utiliser la liste des petits plaisirs et choisissez ce qui vous repose ou vous ressource le mieux.

Apporter toute votre vigilance à choisir des activités dans lesquelles il n’y a réellement aucune pression de performance.

Vous pouvez faire deux listes différentes :

  • L’une avec les activités capables d’être accessibles n’importe où et n’importe quand.
  • Une autre liste pour les temps nécessitant une planification à l’avance ou nécessitant du matériel, un contexte particulier ou une plage horaire plus vaste.
Explorer avec curiosité

Au début je vous encourage à expérimenter ces moments comme le ferait une explorateur sceptique.

Répétez ces moments plusieurs fois par jour.

Goûter et apprécier

Puis, naturellement, comme votre goût sera revenu et comme votre discernement sur ce qui vous convient le mieux (moment, rythme, type de moment) sera plus clair, vous saurez entrer dans une spontanéité et un naturel agréable.

Faites-vous confiance

Lorsque vous serez plus à l’aise, vous pouvez naturellement vous reporter à l’écoute de vos émotions du moment et de vos besoins pour trouver vos sources de vacances adaptées.

person standing on dirt surrounded by coconut trees
Photo by Oliver Sjöström on Pexels.com
Quelle est votre intention ?

Pour mettre votre cerveau en vacances, concentrez-vous sur votre intention :

Explorez cette technique et mettez votre cerveau en vacances régulièrement pour prendre soin de vous et vous reposer. Vous le faites pour reposer votre cerveau et surtout pas dans une volonté de performance.

Vous ne le faites pas non plus pour pouvoir prouver quoi que ce soit à qui que ce soit !

Sur ces quelques pensées, je vous souhaite une belle exploration et la meilleure des semaines possible.

À très bientôt sur ces pages 😉

Ressources et bibliographie :
Alia Cardyn « Créer son équilibre vie privée, vie professionnelle » ; Boris Cyrulnik « Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner » ; Léonard anthony et Docteur Adrian Chaboche « Libérez-vous de la fatigue et profiter de la vie » ; Albert Moukheiber « Votre cerveau vous joue des tours ». Si vous aviez raté ou oublié la vidéo du 28 minutes avec Albert Moukheiber, la voici.

Partager cet article :
  •  
    3
    Partages
  •  
  •  
  •  
  • 3
  •  

3 Replies to “Semaine 43: mettre son cerveau en vacances”

  1. Merci Alicia pour cet article. J’ai fait un burnout il y a 2 ans, cela m’a beaucoup marqué et aujourd’hui, je fais attention à bien équilibre mon travail avec le repos. Le problème est que je suis une insomniaque et une lève-tôt. L’un étant un peu la conséquence de l’autre et donc je fais des petites pauses régulières dans la journée, elles sont prévues dans mon agenda 📝

    1. Véronique dit :

      Merci pour cet intéressant article qui ne fait pas l’opposition entre travail et vacances. C’est très éclairant.

  2. Très bonne réflexion , merci Alicia ! C’est vrai que l’on oppose facilement travail et vacances. La reprise de l’activité de Septembre est d’autant plus difficile que le fossé est grand. A chacun sa solution pour se détendre, moi ce sont les relations humaines qui me détendent vraiment… amis et famille

Laisser un commentaire

You have to agree to the comment policy.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.