Connaître le besoin de partage des joies et des peines

Dans cet article je vous propose de découvrir le besoin de partage des joies et des peines. Ce besoin fait partie de la catégorie des besoins de célébration d’après la catégorisation des besoins par Marshall B. Rosenberg, psychologue américain et créateur du processus de la Communication NonViolente.

Le besoin de partage des joies et des peines est un besoin fondamental de l’être humain. Voyons ensemble de quoi il retourne.

Si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez l’approfondir je vous donne rendez-vous dans mes accompagnements en ligne.

Besoin de partage des joies et des peines, pourquoi y veiller ?

Dans sa définition du dictionnaire, le partage est le fait de partager ou de diviser quelque chose avec une ou plusieurs personnes. Toutefois la définition du partage telle qu’elle est entendue dans le besoin de partage des joies et des peines est plus proche de l’action de “faire part”.

“Faire part” ou partager c’est annoncer, raconter ou transmettre à nos proches un évènement et les ressentis qui lui sont associés.

partager nos joies et nos peines

La découverte du partage social des émotions

Il existe chez l’être humain ce que l’on nomme le partage social des émotions. Les recherches en psychologie sociale entreprises par le docteur en psychologie Bernard Rimé nous ont permis de comprendre que l’émotion était loin d’être individuelle: elle est collective.

Les émotions les plus connues par le grand public comme étant dédiées au besoin de partage sont la tristesse et la joie. En effet leur définition indique qu’elles auraient la particularité d’attirer l’attention ou le soutien d’autrui. En réalité les études montrent que nous avons tendance à partager entre 88% et 96% de nos émotions (cf. Le partage social des émotions, Rimé, B., 2005, Puf).

Nous partageons naturellement toutes nos émotions. Les études montrent toutefois que la honte est la seule émotions qui suscite un frein à ce partage.

Nous partageons nos émotions pour plusieurs raisons souvent inconscientes et instinctives:

  • Pour donner du sens à ce que l’on vit,
  • Assurer notre survie en s’informant de ce qui se passe et ainsi mettre à jour notre connaissance du monde,
  • Pour exercer de la fascination sur celui qui écoute,
  • Pour mettre à jour nos connaissances sur les émotions,
Les lecteurs de cet article ont également lu :  Activités ludiques pour se familiariser avec nos émotions

En fait, le partage social de l’émotion est une conséquence directe de l’émotion.

besoin de partage et célébration

Le besoin de partage des joies et des peines vis à vis de la fatigue émotionnelle

Que ce soit dans la sphère privée comme dans la relation thérapeutique, ce partage émotionnel est bénéfique.

Dans le domaine privé

Il se trouve que partager nos émotions est un mouvement naturel qui se tourne vers l’autre et se nourrit de réciprocité. C’est à dire que nous avons autant besoin de partager à quelqu’un nos émotions qu’il est interessant pour l’autre de les entendre.

Les études montrent ainsi que celui qui écoute ressent un intérêt, voir même une forme de fascination, instinctive face au récit émotionnel. Ce qui permet d’équilibrer la relation entre auditeur et narrateur. Les effets de cette relation sont aussi étudiés. Elle montre que cette relation entre auditeur et narrateur est capable d’intensifier la relation, elle frise l’intimité et transforme le lien en relation affective.

En accompagnement thérapeutique

Dans la relation thérapeutique on ne parle pas d’affectivité comme nous le ferions dans la sphère privée néanmoins la relation de confiance s’instaure pas à pas et permet au patient de cheminer dans la sérénité.

Ce qui est crucial de comprendre, c’est que lorsque l’émotion nécessite d’être partager et entendue, elle aura tendance à refaire surface régulièrement et poussera la personne à répéter l’histoire jusqu’à ce qu’elle se sente réellement entendue et comprise. Ou encore, elle cessera lorsque le narrateur aura pu mettre suffisamment de sens sur ce qu’il a vécu.

besoin de partager les joies et les peines

Plus l’évènement est intense émotionnellement et plus il nécessite d’être partagé.

Malheureusement, en situation d’épuisement et dans la progression de la fatigue émotionnelle on observe que les émotions et les récits de vie sont de moins en moins partagés.

Les études montrent que la honte et la culpabilité que peuvent ressentir les victimes d’épuisement influencent leur élan à communiquer ce qu’elles vivent.

En effet, la plupart du temps les personnes qui entrent dans le processus d’épuisement ont des pensées erronées symptomatiques de ce trouble. Ils portent la faute de ce qui leur arrive de difficultés (fatigabilité, ralentissement cognitif, perte de mémoire, irritabilité, etc.) sur des causes internes (c’est de ma faute ! Je ne suis pas assez ceci, je suis incapable de faire cela) plutôt qu’externe (le contexte est responsable de ce qui m’arrive).

Pourtant c’est bel et bien par l’expression des émotions que le processus de guérison pourra s’effectuer, notamment en lui offrant suffisamment d’écoute et d’empathie.

Des illustrations pour se familiariser avec le besoin de partage des joies et des peines

Je vous partage ici deux types de cartes des besoins qui me permettent de me familiariser avec chacun des besoins dont celui du partage des joies et des peines.

Elles me servent aussi bien dans le domaine professionnel que personnel car elle permettent de prendre conscience des ressentis associés aux besoin satisfaits et non satisfaits. Elles aident également à identifier les moyens de pouvoir y répondre. Pour cela nous pouvons utiliser avec ces cartes un court exercice de visualisation (voir chapitre suivant).

Les lecteurs de cet article ont également lu :  Nos croyances ?

Ici la carte de Léti Gribouille du blog Apprentie Girafe :

carte besoin de partage

Ou encore la carte de Communication Bienveillante éditées par Human Matters :

carte cnv besoin partage

Observez comment vous vivez ce besoin

Pour visualiser ce besoin je vous propose d’utiliser une carte besoin de votre préférence ou de vous remémorer un évènement durant lequel votre besoin de partage des joies et des peines était satisfait.

Munissez vous d’un carnet afin de prendre en note vos réflexions.

Je vous propose dans un premier temps de rester réceptif aux ressentis que suscite le souvenir de ce moment de partage satisfait. Ressentez de quelle manière votre corps réagit à cette remémoration. Si les mots viennent plus vite que les sensations, n’hésitez pas à les utiliser comme une passerelle vers vos sensations corporelles.

Prenez en notes ces ressentis et ces émotions. Vous pourrez refaire plusieurs fois l’exercice, soit sur le moment où vous satisferez ce besoin, soit en différé au calme. Ainsi vous vous familiarisez avec le besoin.

Vous pouvez effectuer le même exercice pour le besoin insatisfait.

Les stratégies du besoin de partage des joies et des peines

Chacun aura ses propres manières et stratégies pour satisfaire ce besoin. Cela va dépendre du contexte, de votre santé physique et psychologique, de votre histoire de vie, de votre personnalité.

Nous pouvons partager les joies et les peines auprès d’un proche, mais nous pouvons également bénéficier des effets bénéfiques du partage à travers une correspondance ou grâce à un journal intime. D’autres formes d’expression plutôt artistiques sont possible comme à travers la peinture, la poésie, la littérature ou la musique, par exemple.

partage des joies et des peines

Voici quelques autres pistes pour que vous puissiez vous-même vous créer un répertoire de stratégies capables de répondre à ce besoin.

  • Varier les moyens de communication: rendez-vous en face à face, fêtes, téléphonique, Visio, correspondance, …
  • Trouver la bonne écoute: amis, famille, conjoint.e, professionnel de l’écoute, thérapeute, ligne d’écoute, association, groupe de parole, inter-vision ou supervision, etc.
  • Choisissez le bon moment: l’émotion cherche à se faire partager immédiatement … et en même temps, parfois pour recevoir une bonne écoute, ne vaut-il pas mieux différer de quelques minutes ou heures ?
  • L’occasion: fête, réunion, partage de repas, invitation, rendez-vous organisé ou instant improvisé, etc.
  • Symbolisez l’évènement c’est aussi partager: peinture, dessin, musique, écriture, danse, film, etc.

Et vous ? Comment partagez-vous vos joies et vos peines ?

À vous de jouer !

Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire cet article. J’ai essayé de vous transmettre un maximum d’informations dans un format court, toutefois il est certain que nous ne pouvons pas être exhaustif dans le domaine des besoins. Tout l’intérêt est donc que ce texte puisse susciter des échanges.

Pour se faire, n’hésitez pas à laisser vos réactions et questions en commentaires.

Au plaisir de vous lire ici et/ou de vous retrouver dans mes accompagnements en ligne 🤗

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